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Le Rap et ses débuts

Écrit par sur 2020-04-27


L’émergence du rap se situe à la fin des années 70 aux Etats-Unis. Il puise ses origines dans les mouvements de contestation de la population Afro-Américaine, pour la plupart inspirés par les Black Panthers. Ce mouvement révolutionnaire combattait pour la défense et la promotion des droits civiques des Noirs à cette époque, le mouvement prenant vie en 1966.

Cependant, le rap émerge véritablement à une époque où les parties les plus dansantes du funk, c’est-à-dire les breaks, dominent les dance-floors. A cela s’ajoutent les block parties, dont l’influence permet l’éclosion du Hip-Hop, qui sont des fêtes de quartiers organisées dans des ghettos Noirs de New-York tels que Harlem, le Queens, Brooklyn ou encore le Bronx. Ces rassemblements s’organisent en pleine rue, le courant permettant les éclairages et la sono est alors directement détourné des lampadaires de la rue. Le Disc-Jockey (DJ) et ses platines sont au centre de l’attention. Pour «chauffer» les foules et encourager le DJ, un Master of Ceremony, (MC) harangue la foule, a cappela, uniquement armé de son micro et de quelques rimes.

Etymologiquement, le rap a des significations variées. Dans l’argot Noir Américain, il veut dire bavarder, blâmer ; mais ce sigle signifie aussi Rythm And Poesy, par sa liaison forte au beat et sa maîtrise des mots et de leurs sonorités. Enfin, pour d’autres, cela signifie également Rock Against the Police, faisant référence au versant éminemment contestataire de celui-ci.

Le rap va progressivement s’émanciper des ghettos new-yorkais avec le succès mondial du Sugarhill Gang. En 1983, le DJ Afrika Bambaataa produit le tube Planet Rock, qui va le propulser au premier rang de la scène internationale. Il devient rapidement la tête de proue du mouvement Hip-Hop. Cet ancien délinquant fonde la Zulu Nation, un mouvement artistique et pacifiste pour contrecarrer la violence omniprésente dans les quartiers défavorisés, à travers les luttes entre les gangs. Son propre cousin ayant été tué en 1975 dans une fusillade avec la police, il est alors profondément traumatisé par la violence qui se développe dans ces milieux et décide de la combattre en l’évitant, en la remplaçant.

Dès lors, dans le rap apparaissent deux aspects principaux : d’un côté une volonté festive, à domination sociale, et de l’autre une volonté contestataire, incisive, – pouvant être plus ou moins violente -, visant à dénoncer les inégalités sociales, les dominations d’une culture hégémonique blanche, riche et conservatrice sur une culture aux origines diversifiées, brimée, exploitée et délaissée. Si c’est de la pratique urbaine vers les médias que le rap Nord-Américain s’est propagé, c’est l’inverse qui a eu lieu en France. D’abord introduit par les médias, il s’est répandu progressivement dans les banlieues et les quartiers défavorisés. Il est devenu le deuxième plus grand marché de hip-hop mondial, après la scène hip-hop américaine. Les artistes emblématiques, faisant office de fondateurs de la culture rap en France, sont notamment MC Solaar, IAM, Doc Gynéco ou encore NTM…

La technique du rap se démarque par ses procédés manuels et technologiques. La musique elle-même est le fruit de nombreuses influences, surtout celles du funk et de la soul, mais aussi de la salsa, de la soca et même du rock. Ces différentes inspirations sont ensuite repensées et réinjectées dans un son nouveau, et unique en soi. En effet, on pratique le scratching, un effet sonore produit à partir de disques 33 tours réalisés par des va-et-vient successifs sur une portion du vinyle, mais aussi le mixing, qui consiste à mélanger des sources sonores variées, le sampling lorsqu’une séquence de son existant est transposée et modifiée, le cutting, qui fragmente et déconstruit les échantillons musicaux, le looping, qui va passer en boucle un échantillons pour créer un effet répétitif, et enfin la beat box, qui est une « bibliothèque » de rythmes de synthèse.



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